{"id":2448,"date":"2022-05-04T15:40:33","date_gmt":"2022-05-04T13:40:33","guid":{"rendered":"https:\/\/irn-medical-humanities.org\/?p=2448"},"modified":"2022-06-20T11:47:37","modified_gmt":"2022-06-20T09:47:37","slug":"the-middle-finger-lauscultation-du-soin-narratif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/irn-medical-humanities.org\/index.php\/2022\/05\/04\/the-middle-finger-lauscultation-du-soin-narratif\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0The Middle Finger\u00a0\u00bb : l&rsquo;auscultation du soin narratif"},"content":{"rendered":"\n<h4 id=\"wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-34b0fb68\" class=\"wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-34b0fb68\">Swati Joshi, doctorante en humanit\u00e9s m\u00e9dicales \u00e0 l&rsquo;Indian Institute of Technology Gandhinagar, a lu pour nous \u00ab\u00a0The Middle finger\u00a0\u00bb de Saikat Majumdar, un roman qui sonde les pouvoirs de la po\u00e9sie dans les relations de soin.<\/h4>\n\n\n\n<p>Saikat Majumdar est un \u00e9crivain Indien connu pour avoir d\u00e9peint la pr\u00e9carit\u00e9 des relations sociales ainsi que pour avoir mis en avant le <em>care<\/em> sous diff\u00e9rents aspects. The&nbsp;<em>Firebird<\/em>&nbsp;(2015) d\u00e9peignait par exemple le <em>care<\/em> sous un angle maternel, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment comme \u00e9tant une <em>prise en soin<\/em> du vuln\u00e9rable, dans lequel la m\u00e8re d\u2019Orri (l\u2019une des protagonistes) l\u2019expose aux risques de sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 en se positionnant elle-m\u00eame comme une actrice de th\u00e9\u00e2tre.&nbsp;<em>The Scent of God<\/em>, publi\u00e9 en 2019, mettait en valeur un soin que l&rsquo;on pourrait qualifier de pastoral, dans un monast\u00e8re Hindou o\u00f9 le personnage d&rsquo;Anirvan d\u00e9couvrait sa sexualit\u00e9 et donc une forme de <em>care<\/em> sensuelle. Les romans de Saikat Majumdar abordent donc de nombreuses th\u00e9matiques que les humanit\u00e9s m\u00e9dicales analysent ; les diff\u00e9rentes formes de soin, l\u2019expression des sentiments via les sens proprioceptif et olfactif, les m\u00e9taphores m\u00e9dicales pour aborder le sujet du racisme, l\u2019enseignement de la cr\u00e9ativit\u00e9, etc. <\/p>\n\n\n\n<p>Les personnages dans ses romans ont une \u00ab\u00a0citoyennet\u00e9\u00a0\u00bb, pour utiliser un mot de Susan Sontag.  On en rel\u00e8ve ici deux types&nbsp;: une citoyennet\u00e9 qui \u00e9mane du royaume du soin, et une autre du royaume de la vuln\u00e9rabilit\u00e9. Les deux royaumes ne sont pas clairement distincts. Leurs fronti\u00e8res s\u2019estompent. Par cons\u00e9quent, ce qui est le plus marquant dans l\u2019utilisation des m\u00e9taphores dans ses romans, c&rsquo;est qu\u2019elles donnent aux personnages une ou plusieurs opportunit\u00e9s de formuler leurs demandes, leurs griefs, etc. Cela soul\u00e8ve la question suivante&nbsp;: est-il possible d\u2019\u00eatre affaibli voire bless\u00e9 par le <em>care<\/em>&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h4 id=\"wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-5ffeb31a\" class=\"wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-5ffeb31a\">La cr\u00e9ation po\u00e9tique comme <em>pharmakon<\/em><\/h4>\n\n\n\n<p>Le quatri\u00e8me roman de Majumdar,&nbsp;<em>The Middle Finger<\/em>&nbsp;(2022), d\u00e9crit les cr\u00e9ations po\u00e9tiques du personnage de Megha \u00e0 la fois comme une maladie et comme une forme de soin. Megha lutte contre son anxi\u00e9t\u00e9, en \u00e9crivant de la po\u00e9sie, alors qu\u2019elle r\u00e9dige une th\u00e8se intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;histoires secr\u00e8tes de la magie&nbsp;:&nbsp;&nbsp;mythe et opium dans la litt\u00e9rature de 18\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;\u00bb<a href=\"applewebdata:\/\/2971CBD4-97CB-44B8-9D67-E0CE990C551B#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. Elle est absorb\u00e9e par sa recherche mais, en m\u00eame temps, elle semble en souffrir. \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019elle craint de ne pouvoir finir sa th\u00e8se, elle souffre \u00e9motionnellement. Sa directrice de th\u00e8se lui recommande de continuer \u00e0 lutter contre toutes ses \u00e9motions qui la submergent. Elle d\u00e9cide donc de faire de sa po\u00e9sie un v\u00e9ritable levier face \u00e0 son angoisse. Le roman retranscrit donc les sentiments de la protagoniste gr\u00e2ce \u00e0 sa po\u00e9sie. Le texte pr\u00e9cise&nbsp;: \u00ab&nbsp;certains de ses po\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans les magazines exp\u00e9rimentaux et en ligne \u00bb<a href=\"applewebdata:\/\/2971CBD4-97CB-44B8-9D67-E0CE990C551B#_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. Ainsi, le roman d\u00e9voile deux types de performance du <em>care<\/em> : la performance du soin personnel en exprimant ses \u00e9motions par la po\u00e9sie, cette d\u00e9marche ne d\u00e9pend que d&rsquo;elle ; et une performance davantage publique du soin \u00e0 travers les traductions visuelles de sa po\u00e9sie par d\u2019autres artistes (via des danses, des vid\u00e9os sur Instagram, etc.). Mais tandis que&nbsp;les autres artistes performent ses po\u00e8mes, Megha se rend vuln\u00e9rable.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/irn-medical-humanities.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/WhatsApp-Image-2022-05-04-at-13.13.42-587x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2449\" width=\"397\" height=\"693\" srcset=\"https:\/\/irn-medical-humanities.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/WhatsApp-Image-2022-05-04-at-13.13.42-587x1024.jpeg 587w, https:\/\/irn-medical-humanities.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/WhatsApp-Image-2022-05-04-at-13.13.42-172x300.jpeg 172w, https:\/\/irn-medical-humanities.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/WhatsApp-Image-2022-05-04-at-13.13.42-768x1340.jpeg 768w, https:\/\/irn-medical-humanities.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/WhatsApp-Image-2022-05-04-at-13.13.42-881x1536.jpeg 881w, https:\/\/irn-medical-humanities.org\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/WhatsApp-Image-2022-05-04-at-13.13.42.jpeg 1174w\" sizes=\"auto, (max-width: 397px) 100vw, 397px\" \/><figcaption>La couverture de<em> The Middle Finger<\/em>, publi\u00e9 en 2022.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La th\u00e9orie du&nbsp;<em>pharmakon<\/em>&nbsp;expliqu\u00e9e par Jacques Derrida nous permet d&rsquo;analyser ces performances. Derrida commence par diviser le terme dans ses trois sens : (1) le poison, (2) le rem\u00e8de, et (3) le bouc \u00e9missaire.&nbsp;La po\u00e9sie de Megha la prot\u00e8ge donc contre les \u00e9motions qui pourraient bloquer son processus d\u2019\u00e9criture. Son contexte familial nous renseigne en partie sur les causes de sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e9motionnelle ; elle \u00e9tait seule quand elle faisait son doctorat en Am\u00e9rique. Le fait d\u2019\u00e9crire de la po\u00e9sie lui donne l\u2019opportunit\u00e9 certes d\u2019exprimer ses \u00e9motions mais aussi de prendre un peu de recul par rapport \u00e0 celles-ci pour mieux y r\u00e9fl\u00e9chir. Sa cr\u00e9ation semble litt\u00e9ralement prendre soin d\u2019elle, contrairement \u00e0 sa famille qui ne l\u2019avait jamais fait. De nombreux artistes ont alors souhait\u00e9 traduire sa po\u00e9sie \u00e0 travers des danses ou des vid\u00e9os sur Instagram. Mais cela a pour Megha quelque chose d&rsquo;angoissant car cette m\u00eame po\u00e9sie qui la prot\u00e8ge peut aussi la d\u00e9voiler, la mettre \u00e0 nue aux yeux de son lectorat.<\/p>\n\n\n\n<h4 id=\"wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-e59da389\" class=\"wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-e59da389\">Cr\u00e9ation po\u00e9tique, enseignement et contagion<\/h4>\n\n\n\n<p>Le fait d&rsquo;\u00e9crire de la po\u00e9sie interroge dans le m\u00eame temps l\u2019enseignement potentiel de la cr\u00e9ativit\u00e9. Le roman utilise la m\u00e9taphore m\u00e9dicale pour expliquer cet aspect : la po\u00e9sie se fait ici infection. Cela implique le questionnement suivant : est-il est possible d\u2019enseigner l\u2019\u00e9criture cr\u00e9ative&nbsp;?&nbsp;Le roman r\u00e9pond justement \u00e0 cette question, via la m\u00e9taphore de la contagion :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>&#8211; Comment un po\u00e8te enseigne-t-il la po\u00e9sie&nbsp;? demanda-t-elle. En contaminant les autres avec sa propre maladie ?<br>&#8211; La maladie se propage facilement, sourit Megha. La souche mortelle est difficile \u00e0 attraper.<\/p><cite>(Majumdar ch2, trad. S. Joshi)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019abord, je voudrais souligner que la notion d\u2019h\u00e9ritage traverse le roman.&nbsp;C\u2019est le cas, par exemple, dans le prologue de l\u2019ouvrage, qui met en sc\u00e8ne, \u00e0 la fois les dialogues entre Socrate et Agathos dans&nbsp;<em>Le <\/em>Banquet&nbsp;de Platon, ainsi que les discussions entre Guru Drona et Arjuna<sup>&nbsp;<\/sup>dans&nbsp;<em>The Hindus&nbsp;: An Alternative History&nbsp;<\/em>de Wendy Doniger.&nbsp;Ainsi, avec la notion d&rsquo;h\u00e9ritage, la contagion&nbsp;devient&nbsp;pr\u00e9dominante&nbsp;et est plus que pertinente pour notre analyse.&nbsp;Le prologue rapporte par exemple le propos suivant de Socrate : \u00ab&nbsp;si seulement les fous \u00e9taient plein de sagesse simplement en touchant les sages&nbsp;\u00bb (Majumdar, trad S. Joshi). Le roman de Majundar interroge ainsi quant au contenu de l&rsquo;h\u00e9ritage de l\u2019humanit\u00e9.&nbsp;Je veux ici emprunter un phrase de Luc Montagnier dans son analyse de la contribution de Pasteur \u00e0 la recherche de la th\u00e9orie microbienne : \u00ab\u00a0la connaissance est le patrimoine de l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb&nbsp;(6A-4S). C\u2019est bien de cela dont il est question dans le roman de Majumdar ; il diss\u00e9mine, l&rsquo;h\u00e9ritage de la connaissance des soins artistiques via la po\u00e9sie de Megha.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019elle a l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019enseigner l\u2019\u00e9criture cr\u00e9ative \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Harappa en Inde, Megha propose \u00e0 ses \u00e9tudiants de s\u2019exposer en tant qu\u2019auteur lors d\u2019un s\u00e9minaire. Elle explique : \u00ab \u2018\u00c9criture pour la Pens\u00e9e\u2019 \u00e9tait un s\u00e9minaire intime o\u00f9 les participants pouvaient \u00eatre bless\u00e9s par leur mise \u00e0 nu \u00bb<a href=\"applewebdata:\/\/2971CBD4-97CB-44B8-9D67-E0CE990C551B#_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. Le point de d\u00e9part de cette exposition du moi se trouve dans sa volont\u00e9 d\u2019exprimer son angoisse tout en pr\u00e9servant sa dignit\u00e9. En outre, cette volont\u00e9 de s&rsquo;exposer ne s\u2019appliquait pas qu\u2019\u00e0 ses \u00e9tudiants. Poonam, sa domestique s&rsquo;inspire par exemple elle aussi de la po\u00e9sie de Megha. Un jour, alors que Megha se rend \u00e0 l\u2019\u00e9glise, elle entend les mots de Poonam&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Je me souviens que la maladie est arriv\u00e9e et qu&rsquo;elle a fait tousser et cracher les gens. Ce n\u2019\u00e9tait pas du sang mais des glaires si \u00e9pais qu&rsquo;ils voulaient que ce soit du sang. Le sang les faisait se sentir vivants. Ils disaient que la maladie venait d&rsquo;Afrique. Avec des \u00e9tudiants \u00e9trangers, pas avec notre peuple. Elle \u00e9tait si infecte qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas pu se d\u00e9velopper en Inde mais avait travers\u00e9 la mer infect\u00e9e. je suis all\u00e9e \u00e0 la pharmacie du quartier, et l&rsquo;homme m&rsquo;a dit d&rsquo;aller en Afrique. J&rsquo;avais apport\u00e9 la maladie, des gens comme moi, des gens \u00e0 la peau de boue&#8230;<a href=\"applewebdata:\/\/2971CBD4-97CB-44B8-9D67-E0CE990C551B#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La m\u00e9taphore de la contagion sugg\u00e8re que le talent peut \u00eatre transmis d\u2019un professeur \u00e0 son \u00e9tudiant. Cette m\u00e9taphore implique donc d&rsquo;envisager les talents,&nbsp;les qualit\u00e9s des auteurs comme une infection. Ici, il nous faut imp\u00e9rativement distinguer les trois mots&nbsp;suivants : <em>disease<\/em>, <em>illness<\/em>, et <em>sickness<\/em>. \u00ab&nbsp;L\u2019anthropologie m\u00e9dicale, se basant sur les trois termes anglais traduits en fran\u00e7ais par \u00ab\u00a0maladie\u00a0\u00bb (disease, illness et sickness), qui d\u00e9crit trois perspectives distinctes sur la maladie(\u2026&nbsp;)\u00bb (Cath\u00e9bras, p.810).&nbsp;<em>Disease<\/em>&nbsp;donne le nom propre \u00ab\u00a0souffrance\u00a0\u00bb (somatique, psychologique, somatopsychologique, etc.) d\u2019un individu.&nbsp;<em>Illness<\/em>&nbsp;est la souffrance int\u00e9rieure de la personne. Consid\u00e9rons alors la question suivante&nbsp;: nommer la maladie donne-t-il une forme de pouvoir&nbsp;? Ces malades,&nbsp;<em>outcast\u00e9s<\/em>,&nbsp;pourrait-on dire, par la soci\u00e9t\u00e9, retrouveraient ainsi une forme d\u2019agentivit\u00e9 \u00e0 travers la nominalisation.&nbsp;Le roman, en consid\u00e9rant la po\u00e9sie comme une&nbsp;<em>disease<\/em>, ne cherche pas \u00e0 montrer que la cr\u00e9ation po\u00e9tique est en soi une activit\u00e9 n\u00e9gative. Il n&rsquo;est pas question ici de soutenir l\u2019id\u00e9ologie platonicienne d\u2019apr\u00e8s laquelle le  la cr\u00e9ation de la R\u00e9publique aurait \u00e9t\u00e9 possible apr\u00e8s avoir mis de c\u00f4t\u00e9 les po\u00e8tes afin de construire une soci\u00e9t\u00e9 productive. Au contraire, en s&rsquo;appropriant le concept de&nbsp;<em>disease<\/em>&nbsp;(donc de \u00ab\u00a0souffrance\u00a0\u00bb), la narration montre que la litt\u00e9rature&nbsp;est un lieu de&nbsp;\u00ab\u00a0prise en soin\u00a0\u00bb pour les personnes qui veulent exprimer leurs \u00e9motions, t\u00e9moigner ou transmettre une exp\u00e9rience d\u2019injustice, et va ainsi \u00e0 rebours de l&rsquo;image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e des modes de soins artistiques et individuels. En outre, la m\u00e9taphore m\u00e9dicale de l\u2019infection, utilis\u00e9e pour d\u00e9signer la po\u00e9sie, d\u00e9voile le pouvoir de l\u2019\u00e9criture cr\u00e9ative en d\u00e9clenchant un cercle artistique vertueux. Dans ce cas, l\u2019utilisation du terme <em>disease<\/em>&nbsp;pour la po\u00e9sie serait paradoxale. La po\u00e9sie aide les artistes \u00e0 d\u00e9couvrir la maladie au sens de <em>sickness<\/em>, celle d&rsquo;une pens\u00e9e st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e qui peut consid\u00e9rer les origines sociales ou une activit\u00e9 comme une <em>disease<\/em>. Par exemple, c&rsquo;est le cas de la po\u00e9sie cr\u00e9\u00e9e par Poonam.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, les m\u00e9taphores m\u00e9dicales dans&nbsp;<em>The Middle Finger<\/em>&nbsp;montrent aux lecteurs&nbsp;qu&rsquo;il est possible que ce qui soigne puisse dans le m\u00eame temps blesser. L&rsquo;ouvrage prouve aussi que les rem\u00e8des cr\u00e9atifs sont contagieux parce qu\u2019ils donnent le pouvoir de contester des r\u00e8gles sociales et l\u00e9gales en rassemblent des gens qui sont enclins \u00e0 rejoindre le combat imm\u00e9diatement. Dans&nbsp;<em>The Middle Finger<\/em>&nbsp;les personnages dans le \u00ab\u00a0royaume\u00a0\u00bb de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 con\u00e7oivent donc des modes artistiques de soin personnel pour affronter cette vuln\u00e9rabilit\u00e9 int\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Swati Joshi<\/p>\n\n\n\n<p>Bibliographie&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Cath\u00e9bras, Philippe. \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce qu\u2019une maladie&nbsp;?&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>Elsevier<\/em>, vol. 18, 1997, pp. 809-813.<\/li><li>Derrida, Jacques.&nbsp;<em>La Diss\u00e9mination<\/em>. Bloomsbury, (1972), 2016.&nbsp;<\/li><li>Majumdar, Saikat.<em>&nbsp;The Middle Finger<\/em>. Kindle \u00e9d., Simon &amp; Schuster, 2022.&nbsp;<\/li><li>Montagnier, Luc. \u00ab&nbsp;Pasteur\u2019s Legacy \u00bb&nbsp;<em>The American Journal of Medicine<\/em>, vol. 99, 1995, pp. 6A-4S- 6A-5S;<\/li><li>Sontag, Susan.&nbsp;<em>Illness as Metaphor<\/em>. New York&nbsp;: Farrar, Strauss, and Giroux, 1977.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/CFE72DCA-7A3B-4E14-8BB0-03CE6EADF703#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp; \u00ab&nbsp;Everyone who is born holds the dual citizenship, in the kingdom of the well and the kingdom of the sick&nbsp;\u00bb (Sontag, 3) \u00ab&nbsp;Chaque personne qui na\u00eet a une double citoyennet\u00e9, dans le royaume des bien-portants et le royaume des malades&nbsp;\u00bb (trad.&nbsp;S. Joshi).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/2971CBD4-97CB-44B8-9D67-E0CE990C551B#_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>&nbsp;Voir le chapitre 1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/2971CBD4-97CB-44B8-9D67-E0CE990C551B#_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>&nbsp;Version originale : \u201cA few of her poems had appeared in some of the experimental zines and portals\u201d, (chapitre 2).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/2971CBD4-97CB-44B8-9D67-E0CE990C551B#_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>&nbsp;Version originale :&nbsp;\u00ab &lsquo;Writing to Think&rsquo; was an intimate seminar where people could be bruised naked \u00bb (chapitre 12).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/2971CBD4-97CB-44B8-9D67-E0CE990C551B#_ftnref5\">[5]<\/a>&nbsp;Version originale : \u00ab&nbsp;I remember when the sickness came and made people cough and spit. It was not blood but phlegm so thick that they wanted it to be blood. Blood would make them feel alive. They said the illness came from Africa. With foreign students, not our people. It was so vile that it could not rise in India but came across the infected sea. I walked to the pharmacy in the neighborhood, and the man told me to go to Africa. I had brought the illness, people like me, people with the skin like mud&nbsp;\u00bb (chapitre 19.).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Saikat Majumdar est un \u00e9crivain Indien connu pour avoir d\u00e9peint la pr\u00e9carit\u00e9 des relations sociales ainsi que pour avoir mis en avant le care sous diff\u00e9rents aspects. 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