{"id":2465,"date":"2022-05-30T16:13:57","date_gmt":"2022-05-30T14:13:57","guid":{"rendered":"https:\/\/irn-medical-humanities.org\/?p=2465"},"modified":"2022-06-20T11:15:30","modified_gmt":"2022-06-20T09:15:30","slug":"la-litterature-medicale-de-jean-reverzy-entre-fiction-et-autobiographie-30-juin-2022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/irn-medical-humanities.org\/index.php\/2022\/05\/30\/la-litterature-medicale-de-jean-reverzy-entre-fiction-et-autobiographie-30-juin-2022\/","title":{"rendered":"La litt\u00e9rature m\u00e9dicale de Jean Reverzy, entre fiction et autobiographie (30 juin 2022)"},"content":{"rendered":"\n<p>Colloque organis\u00e9 par Alain Schaffner, en collaboration avec G\u00e9rard Danou et El\u00e9onore Reverzy, les 15 et 16 septembre 2022 \u00e0 la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais 75005 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u0153uvre de Jean Reverzy n\u2019est plus connue aujourd\u2019hui que par quelques titres comme&nbsp;<em>Le Passage<\/em>&nbsp;(prix Renaudot 1954), et&nbsp;<em>Place des angoisses<\/em>&nbsp;(1956), qui furent longtemps accessibles dans des collections de poche. Chez celui qui disait avoir embrass\u00e9 les \u00e9tudes de m\u00e9decine parce qu&rsquo;il avait lu l&rsquo;\u0153uvre de Schopenhauer, la pratique m\u00e9dicale et l&rsquo;\u00e9criture sont indissociablement li\u00e9es&nbsp;: \u00e9crivain et m\u00e9decin, Reverzy est \u00e9crivain parce que m\u00e9decin et m\u00e9decin parce qu&rsquo;\u00e9crivain. Dire qu&rsquo;il tient la plume \u00ab&nbsp;comme d&rsquo;autres le scalpel&nbsp;\u00bb, pour reprendre une c\u00e9l\u00e8bre formule de Sainte-Beuve au sujet de l&rsquo;auteur de&nbsp;<em>Madame Bovary<\/em>, pourrait le situer dans la lign\u00e9e d&rsquo;une litt\u00e9rature r\u00e9aliste qui s&rsquo;appuie volontiers sur la litt\u00e9rature m\u00e9dicale comme paradigme m\u00e9thodologique, discours esth\u00e9tique et paravent moral. Avec Reverzy, c&rsquo;est la fiction ou plut\u00f4t l&rsquo;autofiction qui devient m\u00e9dicale, tant c&rsquo;est en m\u00e9decin, en sp\u00e9cialiste des corps, du \u00ab&nbsp;moi-peau&nbsp;\u00bb comme des maux internes, que le narrateur regarde le monde. C&rsquo;est \u00e0 la fois dans son regard, attribut du m\u00e9decin \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 diagnostique dont Balzac a dessin\u00e9 et fix\u00e9 le portrait, et dans sa pratique, son geste, son discours que cet ethos m\u00e9dical se fonde. Reverzy s\u2019inscrit ainsi dans la riche lign\u00e9e des rapports entre litt\u00e9rature et m\u00e9decine d\u00e9crite par Jean-Louis Caban\u00e8s pour le XIXe si\u00e8cle et par G\u00e9rard Danou pour le XXe si\u00e8cle, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans celle des \u00e9crivains-m\u00e9decins comme Georges Duhamel, Louis-Ferdinand C\u00e9line ou nos contemporains Martin Winckler ou Laurent Seksik. Au moment o\u00f9 Reverzy appara\u00eet sur la sc\u00e8ne \u00e9ditoriale, vient d\u2019\u00eatre publi\u00e9 le livre de Fran\u00e7ois Sali\u00e8res&nbsp;:&nbsp;<em>Ecrivains contre m\u00e9decins<\/em>&nbsp;(1948), o\u00f9 le pol\u00e9miste fustige la mode persistante de l\u2019\u00e9criture m\u00e9dicale depuis&nbsp;<em>Les Morticoles<\/em>, et l\u2019incomp\u00e9tence technique de la plupart des auteurs &#8211; en particulier Maxence van der Meersch. C&rsquo;est dire \u00e0 quel point l&rsquo;\u00e9crivain-m\u00e9decin est devenu une figure de la vie litt\u00e9raire. A une \u00e9poque o\u00f9 Sartre vient de poser dans&nbsp;<em>Qu\u2019est-ce que la litt\u00e9rature&nbsp;?<\/em>&nbsp;les bases de la litt\u00e9rature engag\u00e9e, une interrogation d\u2019ordre \u00e9thique se pose de mani\u00e8re moins fracassante mais tout aussi intense et plus concr\u00e8te dans l\u2019\u0153uvre de Reverzy \u00e0 propos de l\u2019exercice de la m\u00e9decine et de son r\u00f4le humain, social et politique. Son \u00e9criture d\u00e9senchant\u00e9e n\u2019est pas sans \u00e9voquer aussi la noirceur pr\u00e9cise et sobre de certains textes d\u2019Emmanuel Bove ou de Georges Simenon.<br><br>Ces deux journ\u00e9es, organis\u00e9es \u00e0 la Sorbonne Nouvelle avec l\u2019appui de l\u2019UMR Thalim et du groupe international de recherche (IRN) de l\u2019InSHS sur les Humanit\u00e9s m\u00e9dicales (irn-medical-humanities.org), cherchent \u00e0 explorer l\u2019\u0153uvre de Reverzy \u00e0 partir d\u2019approches nouvelles&nbsp;: d\u2019une part en le situant (par rapport \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique r\u00e9aliste et naturaliste d&rsquo;une part, par rapport \u00e0 la litt\u00e9rature de son \u00e9poque d&rsquo;autre part) d\u2019autre part en tentant de d\u00e9finir la po\u00e9tique m\u00e9dicale de son \u0153uvre. Si on s\u2019y exprime volontiers \u00e0 la premi\u00e8re personne et si le m\u00e9decin y fait figure de garant, en quoi une philosophie existentielle s\u2019y d\u00e9termine-t-elle et s\u2019y communique-t-elle&nbsp;? Qu&rsquo;implique la repr\u00e9sentation persistante de la \u00ab&nbsp;fatigue&nbsp;\u00bb du m\u00e9decin&nbsp;? Qu&rsquo;en est-il d&rsquo;un r\u00e9cit posthume comme&nbsp;<em>Le Silence de Cambridge<\/em>&nbsp;o\u00f9 Reverzy entreprend d&rsquo;\u00e9crire la grande crise qui affecte son existence \u00e0 travers le portrait de deux femmes \u00e2g\u00e9es, l&rsquo;une c\u00e9libataire, l&rsquo;autre mari\u00e9e et imm\u00e9diatement divorc\u00e9e&nbsp;? La question du soin et de l&rsquo;attention \u00e0 l&rsquo;autre, l&rsquo;accompagnement du patient dans la mort sont aujourd&rsquo;hui abord\u00e9s dans la perspective d&rsquo;une philosophie du care que les r\u00e9cits de Reverzy pourraient conduire \u00e0 discuter. Enfin, mais la liste n&rsquo;est pas close, la m\u00e9diatisation, tr\u00e8s importante au moment du prix Renaudot (car Simone de Beauvoir, qui vient d&rsquo;\u00eatre couronn\u00e9e par l&rsquo;Acad\u00e9mie Goncourt pour&nbsp;<em>Les Mandarins<\/em>, refuse de r\u00e9pondre aux journalistes) et les sociabilit\u00e9s litt\u00e9raires du temps (Reverzy est d\u00e9couvert par Nadeau, chez Julliard) introduisent aussi ce m\u00e9decin &#8211; qui exerce son m\u00e9tier dans les quartiers ouvriers &#8211; dans d&rsquo;autres cercles, tout en lui conf\u00e9rant une nouvelle autorit\u00e9 dans la vie intellectuelle lyonnaise, tr\u00e8s active dans l&rsquo;apr\u00e8s-guerre&nbsp;: c&rsquo;est toujours en tant que m\u00e9decin sans doute mais l&rsquo;\u00e9crivain alors, tout \u00e0 coup expos\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re, l&#8217;emporte incontestablement. En termes d&rsquo;images d&rsquo;auteur cette brutale exposition m\u00e9riterait aussi d&rsquo;\u00eatre analys\u00e9e \u00e0 travers un corpus de presse qui renforce alors d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, pour la figer, l&rsquo;image de l&rsquo;\u00e9crivain-m\u00e9decin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie sommaire&nbsp;:&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Passage<\/em>, roman, Julliard, 1954 (r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en Livre de Poche, 1972, et en Points\/ Seuil Roman, 1981, 1996, &nbsp;et aux Editions du Sonneur, en 2014<\/p>\n\n\n\n<p><em>Place des Angoisses<\/em>, Julliard, Paris, 1956&nbsp;; \u00e9dition en \u00e9dition de Poche Point\/ Roman Seuil, 1982, avec une pr\u00e9face d\u2019Alain Gerber, et Editions Grand Oc\u00e9an (La R\u00e9union) en 2004 avec une postface de G. Danou<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Corridor,<\/em>&nbsp;roman, Julliard, (collection Les lettres Nouvelles), 1958.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u0152uvres<\/em>, Flammarion, Collection Textes, 1977 (Pr\u00e9face de P.O.L et une biographie par Y. Buin)&nbsp;; \u00e9dition beaucoup plus compl\u00e8te \u00e9tablie par J-F Reverzy, en collection Flammarion Mille &amp;Une Pages, 2002.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ecrits autobiographiques (1935-1959) Le Mal du Soir<\/em>, ed. Actes Sud, pr\u00e9face de J.-F. Reverzy, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Souffle<\/em>, r\u00e9cit, Actes-Sud, 1994<\/p>\n\n\n\n<p><em>La Vraie vie<\/em>, Le Passeur, 1998<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sur Jean Reverzy et son \u0153uvre&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Charles Juliet,&nbsp;<em>Jean Reverzy,<\/em>&nbsp;Caen, L&rsquo;Echoppe, 1992<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9rard Danou,&nbsp;<em>Le corps souffrant&nbsp;: litt\u00e9rature et m\u00e9decine<\/em>, Seyssel, Champ Vallon, 1994<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e9d\u00e9rique Martin-Scherrer (dir.),&nbsp;<em>Lire Reverzy<\/em>, Presses Universitaires de Lyon, 1997.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9gis Tettamanzi,&nbsp;<em>La Parole au scalpel. M\u00e9decine et litt\u00e9rature chez L.-F. C\u00e9line et certains de ses contemporains<\/em>, Presses Universitaires de Paris Nanterre, 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;**<\/p>\n\n\n\n<p>Les propositions de communication, accompagn\u00e9es d&rsquo;une br\u00e8ve notice bio-bibliographique sont \u00e0 adresser aux trois destinataires aux adresses suivantes&nbsp;:&nbsp;<a href=\"mailto:alain.schaffner@sorbonne-nouvelle.fr\">alain.schaffner@sorbonne-nouvelle.fr<\/a>,&nbsp;<a href=\"mailto:gerard.danou33@gmail.com\">gerard.danou33@gmail.com<\/a>&nbsp;et&nbsp;<a href=\"mailto:eleonore.reverzy@sorbonne-nouvelle.fr\">eleonore.reverzy@sorbonne-nouvelle.fr<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Colloque organis\u00e9 par Alain Schaffner, en collaboration avec G\u00e9rard Danou et El\u00e9onore Reverzy, les 15 et 16 septembre 2022 \u00e0 la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais 75005 Paris. 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